Paycheck

La science-fiction en écran large

Paycheck

Messagepar neocobalt » Dimanche 20 Juillet 2008, 21h58

Paycheck
Un film de John Woo
2004
Avec Ben Affleck, Aaron Eckhart, Uma Thurman...
D'après la nouvelle de Philip K. Dick
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Sur la base du DVD en ma possession distribué par DreamWorks International Distribution LLC, voici le synopsis de ce film retranscrit en couverture :

"Brillant ingénieur en informatique, Michael Jennings (Ben Affleck) travaille sur des projets top-secrets, commandités par des sociétés de haute technologie. A l'issue de chaque mission, sa mémoire est effacée pour l'empêcher de divulguer la moindre information confidentielle. Alors que son dernier contrat touche à sa fin - un projet de trois ans confié par un vieil ami (Aaron Eckhart) et couronné par un chèque à huit chiffres - Jennings apprend avec stupéfaction qu'il a renoncé par avance à ses honoraires. La situation semble irrémédiable jusqu'à ce qu'il reçoive une mystérieuse enveloppe contenant des indices relatifs à son passé dont il n'a gardé aucun souvenir. Aidé par une belle scientifique (Uma Thurman), Jennings s'engage alors dans une course contre la montre pour recomposer le puzzle de sa vie... et échapper au terrible sort qui lui a été réservé dans le futur."

Ainsi, Michael Jennings est rétro-ingénieur, activité hautement illégale, apprenant qu'il a renoncé à son chèque à l'issue de sa dernière mission dont il ne garde aucun souvenir. Voici résumé en une phrase le pitch de l'histoire, ce qui est approchant de celui de la nouvelle de Philip K. Dick l'ayant inspirée dont le manuscrit date de 1952. Ce dernier était âgé de 24 ans, et sa jeunesse transparaît dans son écrit au point de gâcher l'éclat de l'idée de départ : la mémoire de l'ingénieur effacée suite à son travail confidentiel laissant place nette à un jeu de piste pour reconstituer le puzzle et se donner les moyens de vaincre l'adversité - faute de chèque - et prendre le contrôle de la situation. Disons-le sans plus de détour, la nouvelle est décevante, et le côté frime du jeune auteur, geek avant l'heure, se retrouve de façon inattendue dès le début du film, derrière le sourire, les répliques et les lunettes de soleil de l'interprète de Jennings à l'écran, Ben Affleck. Passée la première minute du film, on se laisse vite prendre au jeu, et sous la plume scénaristique de Dean Georgaris la suite devient entraînante et très plaisante, du moins est-ce mon ressenti.

La réalisation de John Woo est régulière, peut-être un peu trop propre à mes yeux, et deux ou trois choix de montage me paraissent discutables. Mais rien d'aussi maladroit que le choix d'une Uma Thurman fleur bleue avec une coiffure qui ne ressemble à rien, encore moins de ce que l'on pourrait espérer de l'actrice concernée, une garde-robe tout autant décalée que son t-shirt rose et les barrettes de cheveux ; il y a vraisemblablement une explication logique à ce ratage esthétique et scénaristique qui plombe le film pendant sa première moitié sans lui être fatal bien heureusement. Comme si les poncifs arrivaient à la rescousse, nous avons droit également à la fleur que l'on offre en guise de jeu de séduction et aux violons ; comme si : mister Affleck, miss Thurman, vous avez droit à deux minutes pour démarrer votre histoire d'amour au format ciné, merci d'avance, pour le reste on verra au montage et à la palette graphique.

Vu au travers de la lentille de la science-fiction, le ressort par lequel toute l'histoire se déroule est quant à lui efficace et résiste à l'incrédulité que pourrait encourager les points faibles évoqués précédemment, jusqu'à la toute dernière scène avec "la machine". Un bijou d'horlogerie de bout en bout ; un bon film de SF qui n'a pas à rivaliser avec l'original littéraire. La théorie science-fictionnelle qui rend possible les prodiges montrés à l'écran nous apparaît plausible et bien exploitée, grâce tout particulièrement aux décors et à des effets spéciaux de bonne facture. Un bon film de SF propre à être considéré comme une réussite, même s'il n'entre pas au panthéon des chefs-d'oeuvre, sâcrement auquel il ne prétend d'ailleurs pas ; film modeste et honnête.

- Diffusion : http://www.cobaltodyssee.fr/spip/spip.php?article288
- Source photo : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-4 ... e=18370437 - © United International Pictures (UIP)
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